La route, un facteur indéniable de développement

Abidjan – Une scène qui paraîtrait surréaliste sous nos tropiques, un diplomate américain, en l’occurrence le Premier secrétaire à l’Ambassade des Etats-Unis, Paul Yeskoo, en bras de chemise, poussant son véhicule embourbé sur la piste menant à Kamiadji, un campement situé à la lisière de la forêt classée du Goh (sous-préfecture de Doba, région de San Pedro).

A l’aller comme au retour, sur cette piste rocailleuse qui traverse portant une grande zone de culture de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, le cortège de véhicules arpente difficilement les crevasses, boues, ponts de fortune…

Un vrai parcours du combattant

« Qui a dit +on mange pas route, on mange pas goudron+ ?», je m’interroge, à voix haute, après ce périple de plus de trois heures pour relier les 30 km séparant le carrefour Goh au campement de Kamiadji où devait se tenir la cérémonie d’inauguration d’une école primaire publique construite dans le cadre du projet Eliminer le travail des enfants dans la cacaoculture (ECLIC), financé par le Département du Travail des Etats-Unis (USDoL) et mis en œuvre par la Fondation International Cocoa Initiative (ICI).

« On mange pas goudron mais on passe sur goudron pour aller chercher à manger », rétorque un confrère, en réponse à ma boutade. Poursuivant, il se demande à son tour comment cette région de culture du produit phare de la Côte d’Ivoire est-elle autant laissée-pour-compte surtout en matière de voirie.

 En effet, la voie la plus courte, La côtière, reliant Abidjan (Sud) à San Pedro (Sud-Ouest) en quatre heures en moyenne, étant dans un piteux état, il a fallu emprunter celle passant par le Centre-Ouest à savoir notamment Divo, Gagnoa et Soubré, pendant plus de huit heures avec à la clé, des malaises corporels.

Un Plan Marshall pour la région de San Pedro

Pour l’importance que revêt San Pedro, deuxième pôle économique de la Côte d’Ivoire et premier port d’exportation de l’or brun, il est nécessaire de porter une attention particulière à la route, non seulement au niveau de la voie internationale mais également dans la ville de San Pedro même ainsi que sur les voies reliant les différentes zones agricoles du département.

Mieux, il faut un Plan Marshall pour San Pedro, propose un agent de la Pairie générale, lors d’une conversation avec des journalistes attablés dans un restaurant de la ville, le 19 septembre 2018, à la veille de la remise des clés de l’EPP Kamiadji. Pour lui, la présence à San Pedro de journalistes venant d'Abidjan devrait permettre d'amplifier les difficultés vécues au quotidien par les populations de la région. Car, en réalité, "la route précède le développement."

Le projet ECLIC, comme un déclic pour la socialisation des communautés cacaoyères

La mise en œuvre du projet Eliminer le travail des enfants dans la cacaoculture (ECLIC), financé pour une durée de quatre années à hauteur de 2,5 milliards FCFA (4,5 millions USD) apparaît comme une véritable bouffée d’oxygène dans les 50 communautés cacaoyères concernées, eu égard aux infrastructures de base réalisées (construction d’école, réalisation de puits améliorés, financement d’activités génératrices de revenus pour les femmes et les jeunes…).

 « Merci de braver toutes ces difficultés mauvaises de piste, je ne dirai pas par endroit mais sur tout le parcours. (…) Le préfet (Ousmane Coulibaly de la région de San Pedro : ndlr) vient apporter le développement, la porte de l’émergence à Kamiadji », se réjouit le chef de terre, porte-parole de la communauté, le 20 septembre 2018, à la cérémonie de remise officielle des clés de l’école primaire publique du village. Il exprimait ainsi la reconnaissance des populations aux hôtes, notamment le représentant de USDoL, Paul Yeskoo, le chef du projet ECLIC, Caroll Miloky, le corps préfectoral et les autorités éducatives de San Pedro.

Un cri de cœur qui pourrait sonner comme un déclic pour la prise en compte des immenses besoins en infrastructures sociocommunautaires pour le Sud-Ouest ivoirien qui contribue fortement au succès économique de la Côte d’Ivoire.

cmas

Source: AIP

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